# Pacific Road : Arcata

A Monan’s Rill, j’ai rencontré Chris et Amy. Chris est un ami de longue date de Kent Schneeveis, le partenaire de Jennifer Wells. J’avais donc pour mission de leur transmettre une petite carte depuis San Francisco !  Le père de Chris, John Schaef, habite à Arcata, une petite bourgade progressiste de la côte nord-californienne. Il m’a offert l’hospitalité.

Des Redwoods à la plaine agricole

J’avais expérimenté la veille pour la première fois les places de camping réservés aux marcheurs et aux cyclistes : les hike and bike. C’est 5 $ la nuit et les emplacements sont collectifs ce qui dispense de réserver. Il y avait à Burlington pas moins d’une quinzaine de voyageurs à vélo parcourant la Pacific Road. J’ai dû me réhabituer rapidement à la promiscuité. Mes collègues de table étaient deux couples de jeunes historiens anglais, au chômage créatif et fort sympathiques, accompagnés d’une amie américaine, qui descendaient jusqu’au Mexique. Ils connaissaient la France pour avoir rallié Barcelone en partant de Londres, il y a quelques années. Beau trajet ! Ils se sont levés tôt. Je me suis levé peu après pour une préparation efficace et un départ de bon matin.

Je me sentais fatigué de la veille : physiquement et nerveusement. Le calme du matin dans ces forêts de géants, l’absence de voiture, la fraicheur humide ont fini par me remettre de bonne humeur. Le peu d’autoroute que j’ai emprunté avait cette fois des accotements considérables ce qui permet de garder la sérénité plus aisément. Et la majorité du parcours s’effectue sur des routes de campagne qui après quelques vallons sillonnent une vaste plaine principalement dédiée à l’élevage de vaches laitières. Ici aussi il y a des fermes-usines et les odeurs pestilentielles me rappellent le Texas. C’est simplement beaucoup plus humide et donc cela semble moins monstrueux. Mais la recherche d’une productivité maximale (souvent insuffisante puisqu’il faut encore des subventions pour faire tourner les fermes) y fait aussi des ravages. Vers Loleta, je passe la Humbolt Creamery qui transforme une grande partie du lait de la plaine : c’est l’usine, les camions de lait arrivaient sans interruption et les semi-remorques attendaient leur chargement, des grands bâtiments en tôle et des tuyaux rappelaient quelque usine chimique, et à l’arrière les piscines remplies de résidus rougeâtres de petit-lait étaient brassées par des rouleaux-brosses. Sans doute fabrique-t-on ici du « cheese food » !

John

Après avoir traversé Eureka, franchi un pont sur la baie et roulé à travers des marais, j’arrive à Arcata, chez John. John est retraité d’un institut de recherche et d’innovation solaire de Palo Alto. Il y travaillait depuis 1985 sur des techniques liées à l’énergie solaire, après avoir fait un doctorat en informatique sur les « programmes linéaires ». Il a vécu plusieurs années en Amérique centrale et du sud, comme volontaire avec Peacecorps au Guatemala, puis pour sa thèse au Pérou et enfin comme enseignant et consultant en énergie solaire au Nicaragua et en Bolivie.
Il observe donc les progrès fulgurants des matériaux et des technologies à l’œuvre dans les panneaux solaires depuis 15 ans.

Il me dit qu’il s’engage en ce moment au côté d’une association qui milite pour la création d’une taxe carbone permettant de compenser les coûts environnementaux de toute extraction d’énergie fossile : Citizen Climate Lobby . Ils s’affrontent à la puissance énorme des groupes pétroliers et de leur ramification dans les instances politiques. Et si leur combat n’a pas encore porté ses fruits, John semble pourtant habité par l’énergie de la cause juste.

Il m’amène visiter Arcata, l’université d’Humboldt et son CCAT (Creative Center for Alternative Techniques), un lieu d’expérimentation écologique animé par les étudiants. On fait un détour par la Plaza, le centre-ville où se retrouvent pour errer, dealers, consommateurs et marginaux du coin. Puis on va déguster un curry dans un restaurant vietnamien. John est curieux et m’interroge sur le voyage, les communautés rencontrées, les meilleurs et les plus mauvais jours. On parle aussi de philosophie environnementale et de la conscience qu’ont les enfants du changement climatique. Il me raconte comment sa petite fille de 11 ans a exprimé récemment une inquiétude pour les conditions de vie de ses potentiels petits-enfants. Au retour il me parle de deux expériences intéressantes : Marcelo da Luz et son tour des USA en voiture solaire en 2010, 35 000 miles en autonomie totale ; Marsh commons : le co-housing à Arcata dont il était originellement membre mais qui s’est révélé dysfonctionnel et dont il est finalement parti pour pouvoir goûter la solitude.

Travail

Je pensais me reposer une journée chez John mais comme il allait rendre visite à ses petits-enfants à Monan’s Rill, j’ai dû changer mes plans. J’ai donc travaillé une partie de la nuit pour finir les articles sur les précédentes écotopies et transférer les photos. Finalement, la petite journée s’est révélée très densément chargée !

Damien

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