#Présentation : Café des voyageurs à Genève

Après la phase turbulente du retour sur terre, je commence les présentations du voyage par une étape symbolique. J’aurai le plaisir de présenter Untaking Spage-The US project au mythique Café des Voyageurs, jeudi 19 janvier 19h30 à Péclôt 13, aux Grottes, à Genève!

Un repère de cyclonautes et de vélorutionnaires

Le café des voyageurs est devenu une institution du voyage à vélo. C’est le grand cyclonaute et écrivain Claude Marthaler qui organise cet événement mensuel en lien avec l’association pour le développement de l’éco-mobilité cycliste Pro vélo Genève. Nous nous retrouverons dans un des ateliers du collectif Péclot 13 qui a déjà une longue histoire dans l’activisme en faveur des cyclistes en ville. Initié dans les années 90 au cœur du squat historique l’îlot 13, ce collectif a mené diverses actions pour promouvoir le vélo en ville à partir d’ateliers d’auto-réparation — d’abord mobiles puis trouvant des espaces pour s’installer. Depuis les ateliers d’auto-réparation ce sont développés partout dans le monde. Je me souviens de mon passage au Los Angeles Eco-Village qui a été le lieu d’invention d’un collectif analogue intitulé Bicycle Kitchen. Mais là où l’esprit reste résolument anti-commercial dans les Bicycle Kitchen américains, il semble qu’à Genève Péclot 13 soit devenu une coopérative proposant des services semblables aux autres magasins de vélos. Il n’y a certes pas de patrons, pas de recherche de profits pour des actionnaires et les mécanos sont rémunérés. Mais l’idée même d’émancipation citoyenne par le développement des compétences mécaniques et celle de proposition d’une alternative au secteur marchand semblent avoir pris du plomb dans l’aile … Quoi qu’il en soit, présenter mon voyage au cœur d’une des institution de la vélorution douce — c’est-à-dire la transformation de la norme de déplacement en ville par la facilitation des conditions pour rouler à vélo — m’enchante !

Retrouver l’ouverture du voyage

A partir d’images et de vidéos glanées dans l’aventure, je raconterai l’idée du voyage philosophique, les réalisations du projet pédagogique et témoignerai des rencontres qui ont marqué mon parcours au sein de l’Amérique des écotopies ! De la sueur, de l’amour et des larmes et pas mal d’allumés au programme des réjouissances !

Depuis mon retour, une question de fond me tient : Comment garder l’ouverture, la disponibilité, la présence, l’émerveillement, la vitalité et la légèreté du voyage lorsque l’on doit à nouveau gérer l’ordinaire ? Comment éviter que tout se referme progressivement dans la préoccupation, la suractivité et les vieilles névroses ? La question m’accompagne sourdement et parfois lourdement. Mais je sens déjà que parler du voyage, c’est se replonger, quelque peu, dans son flux vivifiant. C’est retrouver quelques étincelles dans les yeux et par l’imaginaire susciter l’envie d’embrasser la liberté.

Partager et éveiller le désir de  produire un peu de fluidité dans ce monde. C’est modeste mais ce n’est pas si mal comme vœu !

Pour les infos pratiques : https://www.facebook.com/events/1797819053813521/

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2 réflexions sur “#Présentation : Café des voyageurs à Genève

  1. Bonjour Damien,

    Ta question est celle que l’on se pose souvent après une expérience heureuse. Comment garder vivante une émotion, un état d’être lorsque le stimulus initial est dans le passé ?
    Est-ce que raconter, se souvenir,partager cette mémoire peut lui redonner vie, ne serait-ce que pour quelques instants ?
    Pourquoi ce que l’on cherche à saisir nous échappe ? Pourquoi l’on se sent parfois replongé dans une émotion que l’on croyait désormais insaisissable sans avoir fait le moindre effort de mémoire ?
    Peut-être parce ce que seul le présent existe réellement, la mémoire construisant un récit subjectif du passé (qui est mort). C’est bien un des enseignements que les voyages nous apportent tu ne crois pas ?

    1. Cher Damien,

      Merci pour tes réflexions. J’ai l’impression de voir les choses différemment. Je ne crois pas qu’il soit question de tenter de garder vivante une émotion ni de faire revivre un moment lié à un stimulus extérieur passé.

      J’interroge une nouvelle façon de vivre — cet « état de voyage » dont je parlais au moment du départ — une présence et une ouverture globale et pas seulement une expérience ponctuelle heureuse extraordinaire.

      En ce sens, parler du voyage, ce n’est pas seulement rappeler un fantôme ou une absence. C’est retrouver l’élan de cet état d’ouverture. Et ce n’est pas non plus fuir dans le passé puisque le rappel du souvenir est présent et l’émotion présente dans le récit, bien vivante. Je ne peux être que d’accord avec toi : nous vivons dans le présent, nous ne faisons même que cela : mais parfois nous somme tellement présents à nos souvenirs ou à nos projections que nous ne voyons plus le monde, les autres, soi-même… Dans le voyage, le monde t’oblige à le regarder, à écouter les frémissements de ton corps devant la beauté ou la violence, à lâcher un peu les vieilles rengaines pour être présent à la nouveauté, à la rencontre, à la découverte inouïe. Pourquoi ce monde, cette sensibilité, cette présence, pourtant toujours là, tendent-ils à se perdre dans l’ordinaire, l’habitude, la gestion quotidienne ? C’est cela ma question qui heureusement demeure ouverte …

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