# San Francisco : Moments Franciscains (II)

Crypto Castle

Par le biais d’une amie d’amie, je rencontre Viviane Ford, une franco-américaine qui est arrivée à San Francisco il y a un an. Elle travaille dans le tech-marketing et le target advertising : des startups qui créent des outils informatiques pour analyser les pratiques des internautes et cibler les publicités formatées à leurs goûts.

Elle habite Crypto Castle : une maison sur Itero hill repaire de hackers et de « génies » de la Sillicon Valley impliqués dans les bits coins et qui, dans leur garage, développent une startup autour d’une voiture auto-conduite. La vue est imprenable : les gratte-ciel du Downtown au Nord, le port à l’Est. L’après-midi se passe à flâner dans le quartier Mission, au Dolores park, à déguster une glace végane et à discuter de la vie Californienne, de l’ambiance euphorique de la croissance de la Sillicon Valley et des startups mais aussi des milliers de laissés pour compte, des aspirations de ses collocataires : la gloire et le respect, devenir le prochain Mark Zuckerberg, participer à une innovation qui va changer la société… Rêve de puissance et de gloire ? Rien de nouveau sous le soleil. Ils sont très critiques de l’université américaine et incarnent peut-être cet anti-intellectualisme en estimant que dépenser des dizaines de milliers d’euros et occuper les années les plus actives de sa vie de façon plus ou moins fastidieuse pour obtenir un diplôme ne fait aucun sens ; brillants et obsédés par l’innovation, travailleurs obsessionnels, hygiène de vie déplorable et relations émotionnelles subordonnées à leur hubris de réussite technologique et financière… drôle de tableau. Bien sûr on justifie ses ambitions personnelles par le fait de modifier de façon massive la société (au demeurant pensée comme uniformisée à travers le prisme si simplificateur de la globalisation des i-technologies). Je commence à découvrir ces triomphes de l’égo partout nourri par des flots de dollars. Georges, le premier à avoir hacké un iphone et qui travaille à sa voiture auto-conduite, venait de recevoir 3 millions d’euros d’une venture capitalist pour finir de développer son projet. Dans le même temps, selon mon hôte Jean-Manuel, Apple est en train de faire travailler 1000 ingénieurs sur ce même problème… Le développement de l’intelligence artificielle progresse à une vitesse vertigineuse.

Viviane, elle, ne s’épanouissait pas dans son métier et s’interrogeait, comme partout, sur le sens à donner à sa vie professionnelle. Elle m’interroge sur le voyage, mes coups de cœur, ce qui me surprend aux US. Elle a le recul de la primo-arrivante et de sa moitié française, ce qui permet de tisser des passerelles facilement. Je l’accompagne ensuite dans un footing dans le quartier de Bernal Heights. Elle était athlète pendant ses études universitaires. Elle prépare, depuis sa retraite sportive, le marathon de San Francisco de cet été. Il est bon de découvrir la ville en trottant et d’admirer la vue depuis un point culminant.

Retrouvailles avec Marie Leuliet

Ma collègue d’anglais de Cluses et son mari indien Shubham vivent à San Francisco depuis 11 mois. Ils habitent vers le quartier hippie Haight et à deux pas du Golden Gate Park. Nous mangeons dans un chinois végan. Nous discutons de l’expatriation et de la vie d’épouse en terre américaine sans possibilité administrative de travailler, sauf à faire une demande de Green Card par son mari avec un délai de 7 ans… L’efficacité est sélective aux USA aussi ! Nous allons ensuite flaner au De Young Museum. J’avais un souvenir assez précis de l’abondance et de la qualité des collections d’art dit « primitif » d’océanie et d’afrique principalement. J’ai cette fois été très touché par le mouvement impressionniste américain avec des peintres appartenant à l’école d’Hudson. Mon œuvre préférée reste Anti-Mass de Cornelia Parker de 2005 : des morceaux de bois calcinés d’une ancienne église, attachés avec des fils nylon et donnant l’impression d’une explosion en arrêt sur image ou encore de reliques en apesanteur. Il est à la fois doux et exotique de se plonger dans les souvenirs haut-savoyards si loin, si loin !

Damien

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