# Respire

Un des points communs du yoga et du voyage à vélo est qu’on y devient conscient de sa respiration puis qu’on joue avec ses effets sur le corps.

Je remarque que je deviens malade quand j’arrête de pédaler, peut-être parce que j’arrête aussi de respirer si intensément et si consciemment.

Les effets dynamisants et calmants d’une respiration profonde et consciente sont un territoire luxuriant à explorer. C’est comme une jungle où prolifèrent les formes, les couleurs, les niveaux de densité, les reliefs. Voici quelques paysages rencontrés en jouant.

Le relâchement des muscles profonds du ventre et le mouvement du diaphragme jusqu’au goudron relancent le rythme ! La position sur le vélo rend plus difficile le relâchement de la langue mais on y parvient au final. Et alors c’est comme si une vague accompagnait doucement le mouvement dans l’espace.

J’aime imaginer différents circuits : inspire-devant, expire-derrière puis les diagonales et l’inversion inspire-derrière et expire-devant. Je continue la rotation comme dans une sphère. L’effet d’ouverture est assez impressionnant surtout quand on retrouve l’inspir’ vers l’avant. C’est comme si le corps embrassait l’horizon.

Un des jeux les plus apaisants est la sensation d’une bulle autour de soi qui gonfle et se dégonfle à mesure de la respiration. Ouverture, légèreté, flottement.

Je pense souvent à mon copain Joss, le yogi qui respire et qui m’a parlé de la « Marche Afghane ». Par transposition, je m’amuse à inventer la « Pédale Afghane ». Il s’agit d’un contrôle des inspir’ et expir’ pour optimiser les échanges gazeux, en respirant par le nez pour contrôler le rythme. C’est un de mes régulateurs les plus efficaces : « Si tu dois respirer par la bouche, c’est que tu vas trop fort et pas assez longtemps ! ». Puis je m’amuse à essayer des variantes du contrôle : « l’afghane aléatoire », c’est une variation des rythmes en fonction des reliefs sans chercher la régularité inspir’-expir’, mais plutôt l’écoute de ce que veut le corps. D’autres variations encore : expir’ double de l’inspir’, pas facile. Inspir’ double de l’expir’, beaucoup mieux. Arrêts poumons pleins, arrêts poumons vides. L’intérêt du contrôle est surtout son alternance avec son relâchement et l’observation de la respiration qui surgit alors, pleine de surprises.

Dans un massage il est souvent plus facile d’être présent à soi et à l’écoute de l’autre. Dans le vélo, il est très facile de vivre avec sa respiration. Avec elle on se sent en bonne compagnie. Et on n’a pas vraiment le sentiment d’être seul puisque tout respire.

Damien

MATTHMATTH !

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