#Ecotopie : Oregon, Heart-Culture Farm Community

A 15 km d’Eugene, sur les rives du Lac Fern Ridge et sur une ancienne terre indienne acquise au 19ème siècle par la famille Fisher pour y implanter une ferme à dindes, se trouve la Heart-Culture Farm Community.

Mon hôte Kara est, depuis 10 ans, une des propriétaires du terrain de 16 acres et des 3 maisons auxquelles s’ajoutent les hangars. Cette communauté propose un modèle que je n’avais pas encore vu : une propriété partagée entre une ou deux familles et des locataires sur cette propriété avec des espaces communs. La présence des colocataires permet aux propriétaires de payer les rentes et d’investir les fonds nécessaires à la maintenance et à la restauration des bâtiments : une propriété individuelle mise au service d’une vie communautaire et en l’occurrence d’un activisme écologique et de justice sociale. 11 adultes et 4 enfants occupaient les lieux.

Kara me dit que les rôles sont très clairement définis. Les réunions de propriétaires sont ouvertes aux locataires qui peuvent donner leur avis et elles concernent les « questions d’argent » (assurances, remboursements, investissements…). Les réunions communautaires concernent l’acceptation des nouveaux membres et les règles de vie sociale. Le consensus est appliqué et chacun des membres à un droit de veto pour les admissions. Le résultat est pour Kara une diminution des conflits liés à deux facteurs : l’intérêt pour les questions d’argent peut être inexistant chez les membres et surtout la possibilité de ne pas se sentir intimement lié à la copropriété évite aux individus de se laisser déborder par les émotions liées à des conflits potentiels. Cela crée en outre une stabilité et une direction qui facilitent le fonctionnement même si, de fait, cela institue une situation de pouvoir et d’inégalité qui peut être vue par certains comme contraire même à l’esprit communautaire.

Kara s’occupe d’un grand jardin en permaculture. Elle a aussi des oies et des canards pour nettoyer les insectes et les herbes du jardin. Son mari Leo, un géant hollandais, est arboriste : il taille et coupe les arbres dans la région. Il me dit que la sécheresse des trois dernières années a fait des dégâts dans les forêts et les jardins, et lui donne aujourd’hui beaucoup de travail. Ils ont deux filles Tiagra et Mariett.

Parmi les locataires, un large éventail d’âges pas mal de jeunes artistes un peu perdus qui après avoir voyagé en stop, poètes-vagabonds, trouvent ici un refuge pour construire. Il y a aussi des personnes plus âgées qui apportent stabilité et compétences techniques et relationnelles.

Un modèle mixte intéressant pour créer une habitation qui se construit autour d’un commun, d’un partage intergénérationnel, et d’une volonté de mixité sociale et raciale. Merci pour la petite maison refuge et pour cette belle découverte !

Damien

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