# Californie : Los Angeles Report – Art is home

Première découverte des merveilles de L.A. : le LACMA. C’est un magnifique musée. Les coups de cœurs sont innombrables. Les collections modernistes m’impressionnent particulièrement : Klee, Giacometti, Dubuffet me frappent, fort, comme à chaque fois. Des découvertes aussi avec Mark Tobey, Edouard Vuillard  et Sam Francis.

"La trahison des images", Magritte_1928–29, huile sur toile, 59 × 65 cm ; Los Angeles County Museum of Art

La trahison des images en chair et en os produit sa petite émotion. Tout comme la découverte d’Agnès Martin, peintre américano-canadienne qui explore sans cesse les façons de rythmer une surface avec des lignes et des textures.

Les collections d’art africain et japonais sont d’une grande richesse aussi. Bref, une journée à baigner dans la beauté des formes, des compositions et le raffinement des émotions.

Je suis témoin d’un accident qui va venir tendre cette journée et interroger le sens de la contemplation esthétique. Un adolescent est tombé d’un point de vue du Musée : chute accidentelle de 2 étages sur une allée couverte qui lui a sans doute sauvée la vie, mais pas l’usage de ses jambes apparemment. La détresse de ses amis, le spectacle terrible du corps inerte et saignant sur la surface blanche, l’impuissance et l’agitation des personnels du musée, tout cela résonne en soi comme un traumatisme et un rappel de sa vulnérabilité. Il venait plaisanter avec ses amis et se faire prendre en photo devant un panorama de Los Angeles. Sa vie a basculé si vite. En rentrant, sur la route, je roulais sur les trottoirs.

The Getty center

Après avoir découvert les plages de Venice Beach et de Santa Monica, ses surfeurs et ses clochards solaires, je remonte vers le Getty Center. C’est une fondation monumentale créé par M. Getty qui a fait fortune dans le pétrole. C’est ce que le capitalisme associé au mécénat américain peut produire de surprenant (à la fois d’admirable et d’un peu monstrueux) : l’accumulation de richesses de plusieurs milliards de dollars se retrouve à un moment mis au service du public, notamment par la mise en valeur des collections immenses et de musées gratuits. Le bâtiment est sur une colline qui domine L.A. Le contexte architectural, la beauté des jardins et la présence de statues rendent la contemplation facile. La fondation abrite en ce moment une exposition du photographe New-Yorkais Mapplethorpe, et j’admire la précision de ses cadrages, le soin des éclairages et la puissance révélatrice des clichés.

The Board et The MOCA

Au centre-ville, sur Grand Avenue, on trouve juxtaposés les grands édifices de la culture légitime : l’Opéra, le Walt Disney Hall et deux musées d’art contemporain : The Board et le Museum of Contemporary Art (MOCA).

The Board Museum est un autre exemple de mécénat plus puissant que les collections publiques. Il vient d’ouvrir dans un bâtiment à l’architecture intriguante : sorte de boîte alvéolée qui produit des effets de lumière en eux-mêmes très intéressants. Les œuvres de Koons apparaissent plus intéressantes que prévu, notamment du fait des reflets du bâtiment sur Balloon dog blue.  Les peintures de Jean-Michel Basquiat mettent des claques, comme d’habitude. Et Glenn Lignon interroge l’histoire ségrégationniste des USA de façon lumineuse.

En comparaison le MOCA apparait presque chétif. Une salle consacrée à Rothko produit cependant cet effet de présence de la couleur vibrante si impressionnant ! Et le mariage entre les drippings de Pollock et les figures de Giacometti produit un contraste intéressant d’errance dans le chaos.

Concert au Walt Disney Hall

Pour le dernier soir à L.A., je me suis offert un cadeau. Gustavo Dudamel dirigeait le Los Angeles  Philarmonics dans un programme mettant en relation le Miserere d’Arvo Pärt et le Requiem de Mozart. En allant au musée, j’ai trouvé un billet dernière minute à 20 $ alors que la billetterie en ligne ne descendait pas en dessous de 130$. La surprise de cette possibilité produisit une joie inattendue. L’orchestre était superbe de précision et de contrastes. L’énergie mise par Dudamel pour libérer le chœur transportait. L’émotion du son d’orchestre est tellement intense après les déserts. Étais-je vraiment dans le même pays il y a quelques jours ?

Damien

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